Cela n'a rien d'étonnant puisque ces textes bibliques ont sans doute été écris par la communauté juive exilée à Babylone sous Nabuchodonosaure II après la destruction totale de Jérusalem en 586 av JC. Ils baignaient dans l'atmosphère culturelle sumérienne et ils ont réutilisés en partie leurs mythes pour les réécrire à leur façon. Mais il les ont bien transformés pour les associer à leur foi au Dieu Unique. Par exemple, alors que l'épopée de Guilgamesh se conclu sur l'impossibilité de l'immortalité, les juifs ont expressément écrit leur foi en un Dieu éternel et qui sauve de la mort. C'est d'ailleurs caractéristique du geste juif et croyant en général, d'utiliser des matériaux existant sous forme de textes ou de traditions orales, s'en inspirer et les réinterpréter pour leur faire dire ce que leur foi discerne dans leur vécu historique. Cela n'a rien à voir avec de la falsification, c'est un processus interprétatif continu qui se nourrit des textes et s'en sert pour discerner les signes du temps. Nous chrétiens, 2000 après, nous continuons ce processus d'actualisation des textes pour y discerner ce que nous vivons aujourd'hui dans le concret de l'histoire et de l'Église. C'est d'ailleurs ce qui fait l'originalité d'un texte sacré (Bible, Evangile, Coran, etc...) être capable de nouvelles interprétations, à l'infini, pour coller de mieux en mieux à une époque donnée, ou au contraire, la transformer. Marx disait qu'il était temps que la philosophie arrête d'interpréter le monde pour le changer. Et bien c'est exactement ce que font les croyants : ils interprètent et ils changent, font évoluer la société en l'inspirant, parfois par le haut parfois par le bas. Si tu crois que les Ecritures sont des textes morts, incapables de mobiliser les énergies intimes et sociales de l'homme, pense seulement à des gens comme Martin Luther, Martin Luther King, Mère Thérésa, Soeur Emmanuelle (et il y en a des centaines d'autres au long de l'histoire de l'Eglise). Tout ce qu'ils ont fait, ils l'ont bati sur leur foi en Dieu et sur l'assurance de pouvoir Le rencontrer dans les Ecritures.
Par contre, il y a un point ou à mon avis tu te fourvoies complètement, c'est que tu cherches à comprendre les textes bibliques comme le ferait un fondamentaliste, chrétien ou autre. Tu lis par exemple qu'Abraham a vécu 175 ans et tu en tires la conclusion que c'est bidon. Evidemment que sous l'angle biologique c'est bidon ! Mais ce n'est pas ce que veut dire le texte, il parle simplement dans ce cas d'un homme béni de Dieu et qui vit très longtemps. En fait les textes bibliques s'étalent sur plusieurs siècles, ont eu des auteurs très différents (solitaires ou plus souvent communautaires) et surtout ils sont de formes littéraires très variées. Il y a des textes spirituels, historiques, symboliques, allégoriques, bref ils sont très différents de nature. Si on ne respecte pas ce principe de lecture, on y comprend rien et on fait dire aux textes souvent n'importe quoi (comme par exemple les créationnistes).
Il y autre chose que tu sous-estime, c'est la remarquable stabilité de la transmission. Contrairement à l'adage du "téléphone arabe", les sémites sont connus pour leur formidable capacité à transmettre fidèlement des tradistions orales pendant des siècles sans déformations importantes. C'est donc faux de croire que puisque que le premier évangile a été écrit 40 ans après la mort et la résurrection du Christ, ils sont bidons. D'abord, il faut comprendre le processus d'écriture des évangiles. Le plus ancien, celui de Marc, a bien été écrit en 70 mais il est basé sur des traditions orales précédentes (des logon, ou "dits de Jésus" comme on dit dans le jargon), qui sont beaucoup plus anciennes et qui s'échangeaient d'églises locales en églises locales avec justement ce principe d'une transmission fidèle. De plus, le texte écrit le plus ancien n'est pas un évangile mais l'épitre de Paul aux Thessaloniciens qui date de 50, donc 20 après la mort du Christ. 20 ans d'écart, c'est moins que la date de l'élection de François Mitterrand à aujourd'hui : c'est comme si tu me disais alors que tous les gens de gauche qui parlent de ce grand jour racontent n'importe quoi, délirent complètement, extrapolent, imaginent, amplifient... Un autre exemple de la remarquable stabilité des textes se trouvent en aval : le manuscrit de Qumrân du livre d'Esaïe de l'ancien Testament (un des livre le plus long, 66 chapitres !) date d'environ 70 et a été découvert en 1947. C'est le plus vieux exemplaire connu de ce texte . Hé bien il est quasi parfaitement en accord avec les versions que nous avons actuellement soit une quasi absolue stabilité du texte sur une période d'environ 1877 ans ! Alors moi je dis que les générations de lettrés qui ont copié, recopié et rerecopié ce texte au fil du temps (au moins jusqu'à l'imprimerie) ont fait un remarquable boulot ! Tout simplement parce que l'on ne badinait pas avec les textes sacrés dans les monastères !
Enfin, je dirais que tous ces débats sur la transmissions des textes, bien qu'intéressants et importants, ne sont pas l'essentiel. Les croyants, je parle au moins des protestants, ne basent pas leur foi sur la fidélité de la lettre des écritures (même si elle est avérée) mais sur le témoignage intérieur qu'il en a, sous l'inspiration de Dieu Lui-même. Si un texte biblique est capable de mobiliser un croyant du XXI siècle, c'est parce qu'il a rencontré Dieu par expérience dans sa vie. Le support du texte est là pour lui permettre d'approfondir sa foi, lui donner forme, la creuser davantage et le mettre en lien avec une histoire précédente et la communauté actuelle de l'Eglise. Mais le texte seul ne suffit pas. La preuve, c'est qu'aucun mouvement humanitaire, social ou spirituel ne s'est jamais basé sur les textes d'Homère et ses histoires de Polyphème le cyclope ! Par contre, que dire de la foi de ces innombrables croyants qui terrassés par l'Ecriture, sous l'inspiration de l'Esprit se sont réveillés, ont changé de vie et ont bati quelque chose de grand ? Les Ecritures ne sont pas mortes, elles sont source de vie et elles le sont depuis 2000 ans. Et fait moi confiance, c'est pas prêt de changer !
Cordialement,
Papillon bleu
Je suis né dans une famille où la foi et la religion n'ont aucune place. Mes
parents sont agnostiques et ne se préoccupent pas de ces questions, le reste de ma famille n'a en tout cas aucune culture religieuse : pas de baptisés, pas de catéchisme, rien. Vers l'âge de 10
ans, j'ai eu une petite phase "mystique" où je courais dans les églises et demandais qu'on m'achète des crucifix. Ma famille a sans doute été surprise et a dû considérer cela comme une lubie
d'enfant passagère. Et en effet, cela m'est passé.
Aliment et sanctification :
Quel plaisir de surfer sur son
moteur de recherche favori (Google) et en même temps d'oeuvrer pour l'écologie !
La mode est au "payer moins cher à tout prix" ce qui est un drôle de
comportement, pas loin de la décadence. Que certains soient obligés d'agir ainsi vu la faiblesse de leurs revenus, cela se discute. Je dis bien que cela se discute car l'équation "je suis pauvre
= j'achète moins cher "n'est pas du tout si évidente que ça, les comportements des prolétaires étant souvent très irrationnels en terme d'achats et de prix (cet article est deux fois moins cher,
j'en achète donc trois fois plus...). Mais il est en tout cas certain que presque tout le monde pourrait revoir ses pratiques consuméristes et adopter des comportements plus vertueux en
termes écologiques. Car l'écologie cela a un prix mais quand on y réfléchit bien cela ne coute pas si cher.